Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 170

Blanquette

Pour honorer mon invité, je décide de cuisiner une blanquette de veau, recette savoureuse pourtant absente des pratiques familiales. La cuisine n’étant pas mon activité principale, je ne peux donc me fier ni à ma pratique ni à un quelconque livre de recettes. Internet devient alors l’ultime recours malgré une franche aversion pour le procédé. En effet, j’ai la vague idée que cuisiner relève d’un cocktail entre pratiques, savoir-faire, art et transmission.

Me voilà confrontée à une quantité de recettes qui me donnent le choix entre « facile », « rapide », « à l’ancienne »… Je me réfère aux ingrédients (avec ou sans champignons, blanc de poireaux…) pour, intuitivement, composer celle que, parmi mes souvenirs, j’aimerais manger…

Placée devant la multitude des ingrédients, j’ai bien conscience qu’il s’agit d’une alchimie qu’il va falloir réussir : mettre trop de quelque chose (ou pas assez) c’est risquer de compromettre le goût unique à composer qui ne doit être dominé par l’excès de l’un d’eux. Me voilà devant des choix cornéliens : « du » jus de citron, c’est combien ? Une petite boîte de champignons, c’est la toute petite ou la moyenne ? J’ose la touche personnelle : exécrant depuis toujours les cubes de bouillon, j’endosse la responsabilité de l’assaisonnement : sel, une pincée de noix de muscade…

La sauce mijote 1h30 comme indiqué. Elle me semble un peu liquide mais j’ignore les effets de la touche finale, l’incorporation d’un mélange de crème fraîche, jaune d’œuf et jus de citron. Echec. Elle n’a pas beaucoup épaissi, il est temps de passer à table.

Déçue (et un peu vexée), j’envisage d’appeler mes amis référents culinaires : Mireille ou Pierre, quand passe mon petit Mozart de la cuisine (mon colocataire). Il évalue la situation avec la cuillère, me demande si j’ai bien saupoudré les morceaux de viande de farine, combien de temps j’ai fait mijoter. Le diagnostic tombe : « C’est un problème de réduction ! Fais mijoter 1h30 de plus pour qu’elle soit enveloppante (ou nappante ?) » En quelques mots « pratiques, savoir-faire, art et transmission » sont parvenus jusqu’à moi, je me régalerai demain…

Colette Milhé

 

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