Chroniques de l’ordinaire bordelais

Chaque semaine, ou presque, une nouvelle chronique.

Épisode 316

Avec ou sans casque

« Pour son anniversaire, Léonard aimerait une draisienne  » me souffle sa mère. « Parfait, dit la grand-mère, c’est parti ! » Direction la grande surface sportive la plus proche. J’en choisis une noire et blanche pour m’éviter la difficile problématique de la théorie des genres. La culture industrielle n’étant pas très réactive sur le sujet : le rose et le bleu reste souvent encore de vrais mots clés. Le carton sous le bras je me dirige vers la caisse quand la vendeuse du rayon m’interpelle pour savoir si je désirais un casque. Interloquée, je réponds que ma merveille de 3 ans aura toujours au moins un des pieds au sol et que cela ne me semble pas indispensable. Certes, conclue l’employée consciencieuse, mais il est préconisé et beaucoup de parents l’achètent. Avec mes soixante ans et le souvenir de ma lointaine jeunesse à vélo sans tout ce falbala, je joue la rebelle et repars sans casque !

Une fois dans la voiture le doute commence à me ronger. Ma belle-fille et mon fils ne vont pas être contents… Les temps ont changé…. Les études le prouvent : beaucoup de traumatismes proviennent de chutes à deux roues…Je suis une vieille toupie qui pense encore que c’était mieux avant… Je suis à deux doigts de faire demi-tour, quand, devant moi un drôle d’engin m’intrigue.  En me rapprochant je distingue, une trottinette dont le conducteur pourrait être le père. Devant lui, je devine un enfant d’une dizaine d’années avec un sac à dos : il s’accroche au guidon, derrière l’adulte responsable, un plus jeune accroché à sa taille un cartable sur le dos et… cerise sur la gâteau, le bon père de famille porte deux sacs baluchons qui pendent de chaque côté de ses hanches. Ce drôle équipage roule sur une trottinette électrique qui a bien du mérite de transporter ce lourd et brinquebalant fardeau dans une rue très passante à cette heure de la journée! Je roule toujours derrière lui mais en le suivant d’un peu loin, craignant un déséquilibre de l’ensemble et m’imaginant la bérézina possible …. Et c’est là que je remarque que le chargé d’âme a estimé que son temps était plus important que l’éventuel traumatisme crânien d’un des siens car personne ne porte de casque ! Puis mon regard tombe sur la petite icône «port du  casque préconisé » sur le carton de ma draisienne.

Notre époque marche sur la tête avec ou sans casque !

Virginie Perchais

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