Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 169

Pragmatique

Entendu dans une commune des Landes à la fin d’une battue au chevreuil vers 16 heures 30, le 5 décembre 2015 :

Mets-le à moi !

Incompréhensible pour les lecteurs de cette chronique, cette phrase écrite fut acceptée oralement sans aucune difficulté par les personnes présentes. Seule la pragmatique du langage qui « étudie les relations entre le langage et son contexte qui sont « grammaticalisées » ou inclues dans la structure du langage » (Levinson) peut permettre de l’expliquer.

Qu’invoque le pronom personnel, le ? La situation dans laquelle fut exprimée la phrase désigne sans ambiguïté le chien que tient un des chasseurs.

Et l’autre pronom personnel, moi ? Il désigne la camionnette du locuteur, « métonymie du maître de la chose ».

Reste la préposition à. Elle vient directement de l’occitan pour signifier en l’occurrence chez.

En bon français écrit, le phrase devient, « Mets le chien dans ma camionnette », ce qui me paraît bien compassé.

Bernard Traimond

 

Publicités

A propos antropologiabordeaux

Association loi 1901
Galerie | Cet article a été publié dans Chroniques de l'ordinaire bordelais. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s