Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 146

A l’auditorium pour un sextet

Auditorium de Bordeaux, un vendredi soir, placée dans une des dernières places restantes,  sur le côté au balcon. Au programme : le sextet  de Jazz de l’ONBA,  six musiciens, sept instruments.

Sur scène les musiciens apparaissent les uns après les autres : deux assez jeunes, deux assez vieux, enfin deux sans âge. Cinq hommes, une femme. Trois en costume (pas les plus vieux) dont deux avec la cravate en supplément. La majorité de noir vêtus sauf le batteur habillé en blanc crème. Il détonne mais illumine l’ensemble.

C’est parti ! Chacun écoute l’autre, le suit, lui répond, le lâche pour son solo, le récupère. Souvent les percussions règlent le pas, parfois la contrebasse s’en mêle, s’immisce en chef de file. C’est une jeune fille, elle s’affirme, drive ses compères avec malice, ils s’acclimatent, s’émancipent sans prendre le large, elle ne leur en laisse pas le temps. Du haut de son tabouret, elle ne perd pas le fil et eux sont ravis de filer droit si joyeusement. La jeune classe enrichit le jeu des anciens, les anciens s’amusent et structurent la fringance de la jeunesse. Tout est calé sous des allures de laisser aller. Les yeux se cherchent pour se passer la main ou la reprendre, le rythme s’accélère, s’effiloche et se transforme au gré du morceau.

« Tous pour un, un pour tous » La musique rassemble les âges !

Le batteur, le plus âgé, ne lâche rien, percute sans  faiblir. Du balcon, à chaque solo, Il dégage une énergie qui semble le consumer et je crains qu’il y « laisse sa peau » mais c’est sans connaître le pianiste qui le récupère au bon moment et les fait « rentrer tous les 6 à la maison » tout à leur bonheur de vibrer à l’unisson.

Dans l’assemblée même disparité dans les tranches d’âge, les catégories socio professionnelles, les sexes… mais même plaisir de partager ce moment vivant.

Fin de concert… Sincère bonheur de voir autant de monde pour un concert de jazz (la grande jauge de la salle Dutilleux change de l’intimité habituel des cafés jazz) ; bonheur de voir le jazz « pouvoir payer enfin son homme » avec un cachet plus confortable, bonheur de le voir conserver sa diversité, ses finesses de style. Bonheur enfin de voir les frontières du maitre et de l’élève, des sexes s’abolir… l’espace d’une soirée !

Virginie Perchais

 

 

 

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