Chroniques de l’ordinaire bordelais. Episode 415

Pourquoi j’aime Le Canard enchaîné ?

            Il y a nécessairement là-dedans une histoire familiale. Ma sœur l’achetait et je le lisais quand il exerçait sa férocité sur De Gaulle qui, a-t-on appris, l’appelait « le volatile ». Bien plus tard, je l’achète encore et le lis avec avidité chaque semaine. Je crois n’avoir compris que maintenant les raisons de mon ardeur.

            C’est que Le Canard enchaîné met en œuvre un certain régime de vérité, justement celui que je préconise en anthropologie. Il examine les propos des responsables politiques d’en dessous, de façon microscopique : un point de vue et une échelle. Pour cela, les articles reprennent les paroles des responsables, mais surtout de leurs conseillers, pour expliquer les « grandes décisions » ou les petites postures. Il s’occupe peu de justifications générales toujours mises en avant dans les déclarations officielles des responsables et des commentateurs, de « grands récits », mais au contraire, reprend leurs avis circonstanciés, leurs justifications personnelles, inavouables dans ce type de discours. En outre, le Canard présente chaque fois l’origine de l’information, un conseiller, un témoin, un responsable qui garde l’anonymat…

            Le Canard traite de « politique non politique », des paroles ponctuelles contextualisées, non de récits préconstruits. Est-ce par la lecture du Canard que j’ai appris l’anthropologie ?

Bernard Traimond

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