Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 218

Imparfait du subjonctif

Avec en mémoire, la phrase de François Pouillon – « quand Jacques Berque sort son imparfait du subjonctif, c’est qu’il a quelque chose à dire » – pour notifier ces raisons, l’importance de mon propos, je l’utilise pour m’adresser à un ami, professeur de grec.

Choqué, celui-ci me reprend en disant, en d’autres termes, que ce jeu de langage n’avait aucun sens puisque il n’avait rien à faire dans une conversation ordinaire. De son point de vue, il avait évidemment raison.

Le malentendu résulte d’une rencontre malheureuse de deux langues et de deux linguistiques, l’une travaille sur l’écrit par l’examen des règles de l’agencement des mots, l’autre, la pragmatique, s’intéresse aux relations entre le langage et les situations. Le jeu de langage sert à les modifier ou à en rendre compte. Si j’avais employé l’imparfait du subjonctif, c’est que je voulais exprimer une idée extraordinaire – avec cependant la secrète satisfaction de ne pas avoir fait de faute ce qui m’aurait été reproché et aurait redoublé mon ridicule. Mon interlocuteur n’a vu que l’intention de parler comme on écrit.

Je ne suis pas sûr que mon ami ait été sensible à ma démarche et à mes arguments.

Bernard Traimond

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