Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 192

Marie-Lou

Régulièrement on se fait des petits coucous de derrière nos fenêtres. Elle se plaint, à force de mimiques, de ses hôtes qui refusent qu’elle mette des plantes, alors que j’arrose copieusement ma jardinière qui déborde sur la rue.

Marie-Lou vit en face au « Nouvel hôtel tout confort », l’un de trois de cette ruelle vieillotte où des enfants jouent encore sur les trottoirs.

La journée, quand elle est suffisamment en forme, elle ajuste son bonnet, ferme bien son blouson et, accompagnée de sa canne, part à l’angle de la rue faire la manche, comme plusieurs autres de nos voisins. Il arrive que je ne la voie pas pendant plusieurs jours. Une seule fois elle m’a demandé un service : lui rapporter ses médicaments de la pharmacie.

Noël dernier, elle avait un cadeau pour moi ! Elle m’a lancé alors une boîte enroulée dans un sac plastique : une bouteille d’eau de Cologne. Elle m’avait déjà donné l’an dernier une pompe à vélo, dont elle n’avait pas l’utilité et qui, si elle la gardait, avait toutes les chances d’être volée… Elle craignait les vols, elle craignait ses voisins, elle craignait les jumeaux qui tiennent l’hôtel d’une main de fer.

Marie-Lou n’est plus dans l’encadrement de sa fenêtre du deuxième étage, ni son pot de fleurs en plastique.

La chambre a été repeinte, comme après chaque départ.

MZ

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