Chroniques de l’ordinaire bordelais – Episode 69

Le crót (2)

Je ne sais plus ce qu’il m’a dit, et sur l’instant, je n’ai même pas pu localiser d’où venait l’interpellation tellement elle m’apparaissait invraisemblable. Pourtant, il y a quelques jours, j’avais soupçonné quelqu’un d’être passé – des traces de champignons coupés – mais les obstacles posés au travers du sentier m’avaient convaincu de mon erreur. En outre, la veille, je m’étais résolu en fin de soirée à aller voir, et surprise, malgré l’absence de pluie, j’avais trouvé des girolles et des cèpes abondamment entamés par les limaces. Personne n’était donc venu car ils étaient là depuis au moins la veille.                                   .

-Vous en avez trouvé ?

-Non, une girolle.

-Moi très peu.

En plus, il me narguait. Je suis donc parti du côté opposé afin qu’il ne sache pas où je passais habituellement. Je ne le connaissais pas, c’était donc un étranger (à la commune), à moins que ce soit le nouveau voisin que je n’ai jamais vu même si j’entends son âne braire.

J’avais été agressé, humilié, il avait osé accéder à mon crót, l’endroit que j’avais décrété réservé à moi seul pour la recherche des  cèpes. Mais peut-être n’est-il pas allé à côté où j’en trouve le plus mais où ils n’ont pas encore poussé.

Bernard  Traimond

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