Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 335

Pénibilité

  • Je transfère des pièces d’une usine A à une usine B.

Silence dans l’habitacle. Cette définition de son travail sonne presque comme la négation de la notion même de travail. Nous discutons des retraites, de la pénibilité…

  • Vous encore les enseignants, vous avez les vacances !

Les préjugés ont décidément la peau dure. Moi aussi qui calmement lui réponds :

  • Je travaille plus de 50h par semaine donc les vacances sont mes RTT.

Il dévie en attaquant les agrégés qui ne travaillent que 11 h par semaine, sans valeur ajoutée au niveau d’un lycée.  Puis il évoque les cheminots qui partent à la retraite à 51 ans et bloquent tout un pays…  Il est pourtant gentil et dépourvu d’agressivité. Je botte en touche en concluant que tout le monde trouve son travail pénible. Est-ce devenu un sport national d’évaluer le travail des autres ?

Sur le siège avant, la jeune future DRH d’une vingtaine d’années ne dit rien.  Sans doute fourbit-elle ses armes, à moins qu’elle n’ait mis ses écouteurs…

En tout cas, tous les retraités de mon entourage sont ravis d’avoir touché le Graal et ont une vie bien plus endiablée que la mienne… et ils battent bien volontiers le pavé pour nous.

Colette Milhé

 

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