Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 323

ATTENTION,  G7 EN VILLE !!

Prévu il y a plus d’un an, la liste de contraintes s’allongea au fil de l’année . A la sortie de chaque réunion de préparation, commerçants et résidents se demandèrent qui allaient être les vrais dindons de la farce…

Au début de l’été, le plan fut communiqué : le centre-ville devait se libérer d’un maximum de ses habitants pour aérer les artères circulantes mais pas de tous …, les magasins et les restaurants pouvaient fermer dans l’hyper-centre   mais pas tous… Il ne fallait pas que cette réunion internationale ait lieu dans un décor en carton-pâte tout de même… Néanmoins les mesures de sécurité imposaient d’être extrêmement vigilants. Des rumeurs d’attentat s’amplifiaient.

Le G7 ne durait que 3 jours mais ces 3 jours nécessitaient de vider les parkings du centre-ville de toutes voitures et cela 48 heures avant. Qui dit fermeture de parking dit : touristes, dehors ! En ce qui concernait les résidents, ils étaient toujours les bienvenus chez eux mais ils allaient devoir faire de fastidieuses démarches de préférence longtemps avant… qui leur donneraient le droit de porter un badge afin  de circuler tout autour de la zone interdite.

Au fil des mois, chacun faisait le compte de ce qu’il allait perdre et n’arrivait plus à comptabiliser en monnaie sonnante et trébuchante les gains possibles de ce rendez-vous au sommet.

A l’approche de la date fatidique, les touristes avaient compris, les commerçants aussi… Ils ont tous déserté la ville. Certains laissant, quelquefois, derrière la vitrine un mot amer pour les nantis qui leur enlevaient le pain de la bouche. Ils avaient fini par comprendre QUI allaient être les dindons de la farce…

Le jour J, l’encerclement se mit en place. A chaque croisement en limite de la zone protégée, barrières et camions de CRS bloquèrent les entrées. 13000 policiers investirent la ville, mitraillettes en bandoulière. Dispersés, mélangés, aucun n’était avec des compatriotes et ils changeaient, chaque jour, de spot pour une meilleure efficacité.

Les plans de circulation pouvaient changer suivant les jours… Ils n’étaient pas toujours bien au courant du pourquoi ou du comment mais ils savaient que c’était mûrement réfléchi. Le filtrage était une affaire sérieuse: badge et carte d’identité étaient de rigueur, longuement scrutés. Ils jetaient aussi un regard aux plaques et dans les voitures : notre siège auto ne leur a pas plu… heureusement il était vide.

La ville était devenue déserte, notre rue où, la semaine précédente, on hésitait à prendre la voiture pour ne pas perdre la place s’était vidée : le vrai seul avantage… enfin UNE bonne chose pour nous !

Finalement le décor était là  mais les seuls âmes qui y vivaient, étaient aussi acteurs  de la pièce qu’ils interprétaient… Ils n’ont  jamais voulu en faire entrer d’autres qui eux, auraient beaucoup aimé leur donner la réplique. Les anti G7, basques français ou espagnols, ont été parqués loin au sud.

C’était donc une ville en état de siège avec la tension en moins. Personne n’était très inquiet, mais la ville semblait sous un couvre-feu… trop silencieuse et déserte… Seuls les policiers qui veillaient 24h sur 24 faisaient le bonheur du pizzaiolo ! Qui a bien compris qu’il serait le seul à ne pas être le dindon de la farce mais un vrai coq en pâte !

PV

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