Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 312

Curiosité

Sur la table de la librairie, il trônait parmi les nouveautés.  Ce qui attira mon regard, c’était d’abord sa « beauté » ou du moins tranchait-il avec ses voisins par sa blancheur d’abord, par le minimalisme scriptural de sa couverture ensuite. Quelques traces grises, floues, en arrière-fond, semblaient figurer une carte en relief.

Je le pris en main, comme on le fait habituellement en librairie, pour le regarder. Une sorte de pylône longiligne, soutenu par de fins câbles argentés traversait la hauteur de la page. A son sommet, trois petits disques noirs et ce qui semblait des mesures, ou coordonnées. Intriguée, je me mis en quête d’indices. Au 2/3, à droite, vers le bas, un prénom, un nom minuscules (police 4), sans doute l’auteur, Alexandre Laumonier. Au centre, en bas, la lettre Z, au-dessous, la lettre S. Titre ou éditeur ?

Je le retournai. Une phrase mystérieuse ne m’en apprenait guère plus : « Quand il pleut dans l’Ohio, la liquidité diminue dans le New-Jersey. » La carte grise encore et le prolongement des câbles. Rien de plus. J’ouvris donc le livre, en quête d’un supplément d’information. Des photos, en noir et blanc, des maisons en briques, des pylônes, des antennes, le tout enveloppé dans une grisaille qui m’évoquait la Belgique. Ce que confirma le lieu d’édition : Bruxelles.

En feuilletant l’ouvrage, j’y découvris 3 ou 4 schémas qui ne me permirent d’établir aucune hypothèse, dans l’impossibilité de lier  de la moindre façon les maigres informations hétéroclites rassemblées dans cet instant furtif qu’est la consultation dans une librairie. Un marque-page où figurait au recto une carte du nord des Etats-Unis, au verso une du nord de l’Europe, les deux traversées de nombreux traits (lignes aériennes ?) épaississait le mystère.

Décidément toutes les règles du marketing semblaient déjouées mais cela fonctionna puisque j’achetai le livre et me mis à le lire avec enthousiasme. Juste pour percer le mystère. Et la lecture m’emporta dans des mondes dont j’ignorais tout et qui n’auraient jamais dû m’intéresser. Je me refusai jusqu’à la dernière ligne de chercher la moindre information sur l’auteur. De même, je m’interdis de donner ici une quelconque information sur son contenu.

Colette Milhé

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