Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 300

Mamie Pigeon

Elle me confirme la disparition de « Mamie Pigeon[1] », la terreur des enfants, des commerçants de la place Ferdinand Laffargue et des employés municipaux (altercations, elle armée d’une casserole, fréquemment relatées dans Sud-Ouest.) Mais à ma surprise, elle n’évoque pas son agressivité et me parle plutôt avec répulsion de sa saleté. Par une sorte d’effet de contagion, elle est assimilée à la mauvaise réputation du volatile, le « rat du ciel ». « Elle a des porte-jarretelles » me confie-t-elle avec dégoût alors même que le détail aurait pu paraître pittoresque. « Ils ont tout nettoyé chez elle… », poursuit-elle.

Du coup, je me mets à imaginer qu’elle a été capturée comme les ragondins, attrapée au filet comme les pigeons justement, tant le déni d’humanité semble flagrant. « Peut-être », me dis-je, « a-t-elle été relogée à la pointe du Verdon (le bout du monde) et nourrit-elle désormais les mouettes… dans la plus grande indifférence ».

Colette Milhé

[1] Vieille dame agressive qui nourrit les pigeons avec du grain qui emplit son caddie en centre-ville.

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