Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 282

Lo cuchot

Je m’en souviens comme si c’était hier, alors que ça a dû se passer en 1954, il y a plus de soixante ans. L’instituteur, Etienne Bady (qui fut pilier dans l’équipe qui a accédé au quart de finale du championnat de France en 1947 contre le Racing) avait entrepris de nous apprendre l’Hymne landais. Il en disait les paroles en gascon quand arrive le vers : Que hen pishar la gema en los cuchots.

Eclat de rire général, surtout celui de Mirambeau qui était juste en face de moi, avec les grands, à gauche de l’estrade. Ce fut une des hontes de ma vie, au point de m’en souvenir : je n’ai pas compris  le mot cuchot (pot de résine) ce qui m’a rempli de honte. J’avais pourtant passé des journées avec mon oncle qui résinait alors qu’avec des branches de pin, je construisais des ponts sur les fossés : il me parlait français pour d’évidentes raisons. Mais à l’école, ce jour là, la honte a changé de camp si tant est qu’il ne fallait pas parler gascon, ce que je n’ai jamais constaté : tous venaient à l’école pour maîtriser le français, même Mirambeau (qui le maîtrisait parfaitement).

Bernard Traimond

 

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