Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 277

Pour les cinquante ans de 68, il nous revient de présenter un témoignage d’en bas des évènements. Il montre, entre  autre, que toute la société fut touchée où que ce soit même si ceux du haut et les opposants veulent le cacher.  Pas un espace n’a échappé à ces espoirs, ceux d’en bas en particulier.

Mai 1968

Un problème, un gros problème, toujours le même. Je veux parler des revendications ouvrières. La première fois que j’en ai pris conscience, ce fut pendant les événements de mai 1968. Fille d’ouvrier moi-même, j’ai pu remarquer, juger bien des choses, que seules, semble-t-il, les basses classes comprennent.

Ces événements, je les ai vécus, ils m’ont intéressée au plus haut point. Voir les familles ouvrières faire part à tout le monde de cette injustice perpétuelle qui règne sur elles. Toute cette masse humaine, à qui on promet des choses, encore des choses, et qui attend, espère, jusqu’au jour où…

Le patronat la tient et veut l’étouffer; nous en prenons conscience jour après jour; c’est un cercle vicieux, nous croyons obtenir quelque chose, en même temps et de l’autre côté, ils veulent nous écraser.

Je l’ai vécu, je l’ai compris : ces jours-là, je ne pourrai les oublier; pour moi, ils éclipsent tout et resteront intacts dans ma tête.

Anita, 17 ans

Mende, septembre 1969

 

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