Sur quelques absurdités quotidiennes dans les sciences sociales (7)

Objectivité

Parmi tous les dégâts – déjà évoqués – produits par la notion d’objectivité, un des plus importants naît de la mise en place du binarisme avec la subjectivité. Il n’est pas nécessaire de revenir sur le danger de tous pour pouvoir se centrer sur celui-là.

En premier lieu, outre le fait d’englober tous les cas par un classement grossier, les termes posés sont inégaux puisque l’un sert à disqualifier l’autre terme par la dénonciation de la « subjectivité ».

En second lieu, ce  « binarisme » pose un point de vue, puisque il oppose l’intérieur à l’extérieur. Il sert à donner la prééminence au « point de vue divin », extérieur, unique et omniscient contre les vues locales, divergentes, la diversité des langages.

En troisième lieu, l’objectivité affirme se joindre à une nécessaire distance : plus les informations  seraient rares et éloignées des témoins et des acteurs, meilleures elles seraient. L’histoire s’est justement construite depuis la Renaissance sur la hiérarchisation des sources principalement entre celles de première et celles de seconde main, celles issues des acteurs et des témoins et celles des commentateurs.

Bernard Traimond

 

 

PUTNAM, Hilary, Le réalisme à visage humain, Paris, Le Seuil, 1994.

BLOCH, Marc, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, Paris, Armand Colin, 1994

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