Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 238

Voilà

Nous connaissons les « tics de langage », ces formules qui arrivent d’un coup et se déploient sous nos yeux puis disparaissent, remplacés par d’autres. Il me souvient de l’arrivée de « tout-à-fait » lors de la « Première guerre du Golfe » en 1991 pour remplacer l’« absolument » antérieur au point de voir son usage constituer une marque générationnelle.

Apparu depuis, « voilà » a un statut beaucoup plus complexe car il a des fonctions polysémiques. Il peut indiquer une ponctuation, notifier une pause. Il peut aussi diriger le regard sur une situation présente. En outre, il remplace parfois un mot quelconque. Il sert à allonger la phrase afin de lui donner plus de poids ou encore d’appuyer une démonstration en faisant surgir dans le discours l’évidence de la réalité. Enfin, « voilà » peut servir à remplir conjointement plusieurs des fonctions définies.

Une enquête plus sérieuse – c’est-à-dire fondée sur l’enregistrement de conversations – devrait permettre de déterminer d’autres fonctions. Pourtant la présentation de ces divers « voilà » permet surtout de s’étonner du besoin d’opacité du langage et encore davantage sur son développement. L’ignorance, ça s’apprend.

Bernard Traimond

 

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