Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 237

Horloge  humaine

Je les croise chaque matin rue Saint-François. Selon  l’heure  à laquelle j’embauche, c’est au niveau  de la  place Camille Pelletan  ou entre  les rues Leyteire  et du Mirail. Une  mère et son fils d’environ 13  ans  toujours  en  grande conversation,  exposent  involontairement  une réjouissante complicité. Ils  parlent espagnol, toujours, et j’essaie de deviner leur nationalité ou  du moins  leur  provenance : Sud-Américains ?

Quelques mètres  derrière eux, quoique  sur  le trottoir  en face,  il y a constamment une jeune femme  avec  une poussette  qui  n’a pas ce que j’appelle la « maternité  triomphante » : elle ne  part pas à la  conquête du monde,  droite  comme un « i »  derrière sa poussette-bélier, position qui  signifie « admirez-moi, je suis mère ». Non,  celle-ci s’efface à  l’occasion pour libérer  le passage et remercie quand  vous le faites.

L’autre jour,  je les ai tous croisés rue du Mirail  et, sans consulter la  montre enfouie  au fond de  ma poche, j’ai  pressé le pas, alertée de  mon  retard  insoupçonné  jusqu’alors. En vain toutefois…

Colette Milhé

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