Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 205

Quelqu’un de bien

Mercredi fin septembre à la caisse prioritaire d’Auchan Mériadeck. Une certaine affluence aux caisses, je fais tranquillement la queue derrière une dame qui me semble n’avoir que peu d’achats dans son panier. Le jeune homme devant elle est sur le point de démarrer son compte avec la caissière quand déboule de nulle part un homme d’un âge certain tirant un caddy à moitié rempli suivi de sa femme à quelques encablures de là. Ni un quelconque pardon, ni le moindre s’il vous plait, (la caisse est certes réservée aux handicapés et femmes enceintes) rien qu’un coup de coude efficace et son insertion rapide avec son bolide à quatre roues dans l’interstice normale de courtoisie. Un peu en retrait je trouve la manœuvre sans contexte régulière mais somme toute un peu cavalière, je me décale sur la file à gauche en prévision de la suite… n’entends pas le propos rapide du monsieur à celui qui est sur le point de passer en caisse mais en comprends la teneur en voyant le pauvre jeune homme libérer le tapis et décaler tous ses achats de l’autre côté de la réglette prévue pour le client suivant.  Notre retraité «handicapé » possède tous ses membres en état de marche, une langue servant bien son verbe, l’ouïe sans défaillance… mais il a sa carte. Il dispose ses victuailles et la caissière s’exécute. Madame, la femme de ce dernier, a pris sa place d’exécutante en fin de tapis roulant. Elle réceptionne la nourriture. Le jeune homme est d’une gentillesse inespérée. Pas un mot plus haut que l’autre, pas de haussement d’épaule, ni même de respiration exaspérée… Non, ni encore de regards agacés aux alentours. Non, une bienveillance inhabituelle… qui le pousse, il va sans dire, non seulement à déplacer tout son panier mais aussi  à aider ce «brave» homme à sortir tous les articles qu’il ne pouvait atteindre au fond de son chariot. Le tout accompagné d’une ébauche de sourire à l’homme revêche. L’homme, se plaît alors à quelques confidences : vous savez… on fait le marché pour quinze jours, car c’est pas facile de venir ici on n’y vient pas tous les jours… Quand j’étais malade il y a deux ans … on n’y venait plus. Quel plaisir de pouvoir un peu parler à des gens aimables n’est-ce pas?

Je rangeais mon dernier achat dans mon sac et reprenais ma carte bleue quand j’entendis les derniers mots et remarquai un brin de sourire égayer le visage du jeune homme!

Pour tous ceux qui cherchent quelqu’un de bien, à Mériadeck je l’ai trouvé… mais attention à choisir le bon!

Virginie Perchais

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