Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 178

La fin d’une guerre

Ce jeudi 18 février 2016 (journée de l’anthropologie),  en fin de matinée, je croise rue Sainte-Catherine, un homme téléphone portable à l’oreille qui dit : « … la fin d’une guerre n’est pas de tuer mais de vaincre… ». Évidemment, je n’ai entendu ses paroles ni avant, ni après. Je n’ai accédé qu’à un pan de phrase, particulièrement singulier il est vrai.

L’objet du propos, un avis sur la guerre en général, le pose dans le domaine des pensées générales et abstraites, celles des philosophes et des moralistes. Le style sentencieux – un alexandrin – s’accorde au sujet évoqué et au registre utilisé. Enfin, le vocabulaire particulièrement recherché, « la fin de la guerre » au sens de but ou de résultat, renforce cette impression solennelle.

La précision rhétorique de la phrase qui me permet de trouver le sens rare de « fin », s’oppose à son abstraction qui, elle, libère toutes les interprétations : est-ce un avis sur Thucydide ou sur le dernier bombardement français en Syrie ? Je peux tout imaginer mais sans jamais disposer de la moindre preuve. Décontextualisée, la phrase autorise tous les commentaires mais interdit toute vérification. Leçon pour les analystes des chiffres et des mots qui nous pourchassent ?

Bernard  Traimond

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