Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 163

La machete

Pourquoi y ai-je pensé pendant la nuit, peut-être en rêve ? La machete n’était pas à sa place.  Pourtant, son souvenir ne m’est revenu que dans l’après-midi suivant. Alors j’ai pu vérifier que mon impression était malheureusement vraie. Elle n’était pas à sa place. Où était-elle, où l’avais-je perdue ?

Je l’avais achetée il y a quelques années pour une somme équivalente à cinq euros, chez une vieille commerçante de San Juan de Chamula dans la Chiapas. Elle a la forme caractéristique des machetes de cette région et remplaçait une autre, également perdue, achetée à San Cristobal de Las Casas, plus de trente ans plus tôt. Je l’utilise pour couper du petit bois, outil intermédiaire entre la hache et la serpe, hapcha et poda en gascon.

J’ai donc parcouru tous les endroits où il me semblait être passé avec elle, n’étant assuré ni du moment de la perte, ni surtout de sa visibilité ; tombée sur le sol, elle pouvait être cachée par une branche. Le désespoir me faisait abandonner les recherches mais la volonté de la retrouver revenait vite, en vain. Pourtant d’un coup, en cherchant une fois de plus à l’est, j’ai réalisé que je n’étais pas allé voir au nord. Je me précipite et je la vois, plantée dans le sol, splendide : elle m’attendait.

Bernard Traimond

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