Chroniques d’été. Épisode 27

Approfondissement ou radotage ?

Versailles le 1er Août 2015. La foule s’agglutine dans la cour du château. .. la galerie des glaces fait salle comble ! Sur le côté, une allée mène aux jardins  à la française dessinés par le Nôtre… moins de monde… on doit également payer son écot (les jours des grandes eaux)  pour pouvoir admirer les œuvres d Anish Kapoor. 6 oeuvres monumentales dont 4 dans l’axe du château et du grand canal.

Tout d’abord un miroir convexe et concave « C-curve », installé juste en dessous de la galerie des glaces, réfléchit la splendeur du bâtiment ainsi que… les visiteurs qui le font vivre. En le contournant,  l’image concave  se réfléchit à l’envers…. On est sens dessus dessous… comme désorienté. Dans le même axe, plus loin, un autre miroir orienté vers le ciel et le  (roi-) soleil : l’image est nette et se confond avec son sujet … on contourne l’œuvre et  tout devient fragmenté … la symétrie du jardin de le Nôtre en perd son latin !

On descend les marches, s’esbaudit devant le bassin de Latone restauré et reste interdit devant une gigantesque corne d’abondance dont la base allongée fend le parterre laissant de part et d’autre des traces de la blessure (blocs de pierre de la carrière dont ont été extraites les pierres du château)  et les viscères de la terre (terre rougie. ) Dans un parterre si aligné, si ordonné « Dirty Corner »  introduit le désordre, le chaos, la vie quoi ! L’un n’allant pas sans l’autre… Œuvre très décriée car certains y ont vu le « vagin de la Reine » et ses entrailles… et pourquoi pas ?

Les œuvres dans l’axe du château se terminent par une œuvre qui inverse notre regard : si « sky miror » le dirigeait  sereinement  vers le ciel, « descension »  va l’entrainer dans un tourbillon chaotique au centre d’un bassin circulaire en furie. Contrepoint parfait du canal rectiligne aux eaux dormantes.

Deux autres œuvres complètent le travail mais semblent plus indépendantes …

Fin du parcours… discussion, écoute des réactions aux  alentours surtout sur le dirty corner « qui a abimé le parterre » « combien cela va-t-il nous coûter de remettre en état ? »

Sur le chemin du retour, on s’attarde sur les cartels et sur celui de certaines œuvres où une autre année est donnée… Perplexité…. On se rappelle avoir déjà vu un travail similaire ( le sky miror, descension, ) ailleurs …  l’œuvre  unique n’existe pas pour A Kapoor, elle se décline, s’approfondit….

Mais alors, l’art contemporain pourrait aussi s’assimiler à un produit standardisé qu’on recyclerait avec un autre beau packaging de présentation à chaque  fois.  Allez savoir !

Virginie Perchais

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