Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 143

J’ai un don

« J’ai un don » me dit mon voisin de table lors du banquet de la chasse. Je me suis mis à côté de lui parce qu’il y a entre nous, une juxtaposition de connivences de divers ordres de la parenté aux positions politiques. Mais lui chasse bien et met beaucoup de coeur à cette activité.

–  C’est un grand oncle, qui voyant sa fin venir, cherchait quelqu’un à qui transmettre son don. Ça n’intéressait pas mon père, ni mon frère. Je lui ait dit que j’étais le masseur de l’équipe et je n’ai pas eu le choix. C’est d’ailleurs pareil pour le massage, je l’ai fait parce que personne ne voulait le faire.

– Il m’a dit, « laisse toi guider par tes mains ».

– Et je le fais, je suis les noeuds, les articulations…

Je retrouvais d’un coup, la situation de Quesalid, le sorcier kwakiutl dont parle Lévi-Strauss dans Anthropologie structurale devenu guérisseur malgré lui.

– Mais B., un autre chasseur de la même commune, soigne aussi, même sur photo.

– Mais il se fait payer ?

– On lui donne ce qu’on veut…

Bernard Traimond

 

Publicités

A propos antropologiabordeaux

Association loi 1901
Galerie | Cet article a été publié dans Chroniques de l'ordinaire bordelais. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s