Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 129

Un homme important

Un matin, à Paris, je vais dans une librairie où il m’est arrivé de trouver des livres rares à mes yeux, mais pas chers. Dès mon entrée, j’ai senti la présence de gens importants – sentir est le mot, même si dans ce milieu l’odeur ne fait rien à l’affaire. Je ne sais à quoi je l’ai perçue, le niveau sonore, le chuchotement des paroles, le type de langue utilisée, la musique des mots, les vêtements, la distance entre les personnes, la distinction ambiante… Je devinais immédiatement la présence d’un homme important.

Pour assurer mon intuition et me donner le droit de l’établir, je fis le tour de la librairie, pas bien grande il est vrai. Le temps d’oser porter un regard éloigné sur les clients présents, ne pas les dévisager mais conforter mon impression, oser la vérifier, glaner des preuves de mes sentiments.

C’était vrai, j’avais perçu et compris cette présence dès la porte poussée. Je reconnais, bien qu’il n’ait pas de cravate et qu’il parle avec une vieille dame, un ancien ministre des affaires étrangères de Mitterrand. Mon impression n’a pas menti. Assurément, ce type de chose se reconnaît au feeling même si j’ai pu, ensuite, donner un nom à cette « personne importante ».

Bernard Traimond

 

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