Chroniques de l’ordinaire bordelais – Épisode 128

Ça cause en ville !

Avec les beaux jours, et cette année la météo de l’automne nous a permis de prolonger le plaisir, une balade en ville n’est pas qu’une balade digestive, elle donne aussi à réfléchir, à s’amuser ou à admirer. Après les jardiniers bavards d’explications sur la nature en ville, voici le citadin au verbe facile : il a besoin de COMMUNIQUER.

Ainsi, un coiffeur du Bouscat prévient ses clients, par le biais d’une belle pancarte dans sa vitrine, qu’il part en vacances et qu’il ne reviendra que quand il sera bien bronzé et reposé…un brocanteur du centre ville propose des devises pour mieux aborder la vie actuelle « être aimé sans séduire est un des beaux destins de l’homme – André Malraux » «  plaisir sans plaisir, point de vie; le combat pour le plaisir est le combat pour la vie- Nietzsche ». Une mercière, toujours dans sa vitrine, demande de l’aide aux passants sur l’utilisation mystérieuse d’un objet trouvé dans une boîte à couture; des artistes investissent tous les mois le mur de l’angle d’une rue pour exprimer leur créativité… chaque mois, le suivant efface l’œuvre du précédent pour un nouveau dialogue avec l’homme de la rue; sur le trottoir, au blanc d’Espagne, des gens interpellent les autres d’un air léger « j’ai l’impression d’oublier quelque chose », ou plus docte : « AIME LA RÉALITÉ QUE TU CONSTRUIS PAS MÊME LA MORT NE POURRA T’ARRÊTER »… Ecriture en lettres capitales  pour renforcer l’emphase?  Pas très loin, une voiture noire taguée entièrement  de citations peintes en blanc ressemble aux chemises cartonnées de nos années lycée  recouvertes de dizaines de « citations», mémento pour vivre mieux que nos parents !

Le citadin a besoin de s’exprimer au grand air, les réseaux sociaux ne lui suffisent plus. Il veut élargir son champ d’action, s’ouvrir sur le monde : le vrai… et la rue redevient son domaine de prédilection… La fin des beaux jours sonnera-t-elle le glas de cette parole insolite ou n’est-ce que le début de murs bavards et actifs d’un Mai 68 inconnu de la majorité des hommes de nos rues?

Virginie Perchais

 

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