Chroniques de l’ordinaire bordelais. Épisode 91


Le grand blanc*

Il fait peut être dix mètres de haut. Son âge doit dépasser le siècle, peut-être de beaucoup. En tout cas, chaque année, en mars, il met une véritable robe blanche qui le fait resplendir. Il ne manque jamais sa parade annuelle.

Mais il lui reste encore à échapper à la gelée, à attirer suffisamment d’insectes et pas seulement des abeilles, à éviter les merles puis les frelons. Mais il est tellement haut que sa production est inaccessible et ses fruits ne peuvent être que ramassés par terre, trop souvent écrasés tant leur chute est longue. Pourtant, il n’accède à ce stade que rarement, jamais deux ans de suite.

S’il est plus attentif à l’esthétique qu’à la production, c’est qu’il vit dans une zone de printemps précoce mais de gelées tardives, au sol acide peu favorable aux arbres fruitiers tels cet immense poirier qui restera blanc quelques jours encore.

* Lo gran blanc est le nom gascon du cygne.

Bernard Traimond

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