Chroniques de l’ordinaire bordelais – Episode 81

Samedi  7 heures du matin

Étrange moment, fin et début à la fois. Une faune endormie croise celle qui va se coucher. Les trop-pleins de la fête jonchent les trottoirs mais déjà, au loin, les moteurs d’une armée de nettoyeurs qui s’anime pour effacer les stigmates de la soirée.

Dans le tram un silence insolite règne comme si un accord tacite engageait chacun à laisser son voisin prolonger son sommeil.  Seul un homme, monté rue sainte Catherine et porteur de lunettes noires détonantes dans la pénombre, délivre des incantations sioux qui ne troublent personne.  Aucun mouvement frénétique des pianoteurs de textos qui, plus tard, incarneront de concert  la disparition de la communication. Les MP3 gisent encore dans les fonds de poches. Porte de Bourgogne trois noctambules regardent mi-amusés, mi-dépités un quatrième larron qui profère des propos incohérents en titubant sur le quai.

A Saint-Michel, des ombres furtives et lentes érigent les stands du prochain marché tandis que la fourrière dégage déjà les emplacements réservés aux forains.

« Qui veut boire du whisky-coca pour fêter les dix ans du tram ? » Dans la foulée, elle boit quelques gorgées dans l’indifférence la plus totale. La gare Saint-Jean s’éveille aussi en douceur, loin de l’effervescence à venir en ce jour de départ en vacances.

Colette Milhé

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