Chroniques de l’ordinaire bordelais – Episode 72

Chats (5)

Elle ne mangeait plus, allait boire l’eau des poules, restait le plus souvent dehors, son poil restait aussi brillant que son œil mais elle devenait de plus en plus maigre. L’inévitable se produisit au début de septembre en fin de soirée, autour de 20 heures. Grisette avait neuf ans.

C’est alors que son fils, un matou gras l’hiver et maigre l’été, oreilles écrasées par les griffes et les dents, a changé de comportement. Alors qu’il ne passait qu’incidemment pour manger, dormir, recevoir quelque caresse, il s’est installé. Il sort parfois le soir, peut-être pour aller dans son restaurant – une maison voisine où il a table-mise – mais il est de retour avant le jour. Il dort, boit du lait et réclame des caresses  –  c’est peut-être pour cela que, malgré son âge, cinq ans, il a appris à miauler depuis quelques jours.

Auguste a donc mis en œuvre les catégories de Merton reprises dans les manuels de sociologie, il a gardé son status de matou mais a pris le rôle de sa mère. Mais plutôt sa subtilité lui a fait échapper à un aussi grossier dualisme. Comme le personnage de Pirandello, il est dix, il est cent !

Bernard Traimond

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