Chroniques de l’ordinaire bordelais – Episode 40

Magasin de classe

A Monoprix, y a qu’un prix.

A Monoprix, c’est joli. Les fruits et légumes, savamment ordonnés dans des paniers en osier, donnent le ton dès l’entrée. Ici, pas de chaos de palettes négligemment empilées.

A Monoprix, les employés sont gentils. Aucune porte de prison prise dans un ballet d’emballer-déballer-remballer. Clients, vous êtes désirés. A Monoprix, on a seulement du détail le souci : de charmants jeunes hommes à la caisse (il y a aussi des femmes, parité oblige) ravissent la ménagère peu pressée.

Parce qu’à Monoprix, le temps s’est arrêté : pas de chariots-tamponneurs, de bousculades, de clients énervés, ici on flâne dans les allées non encombrées. Un cortège de zombies déambulent en silence, corps mous forgés par les escalators, ascenseurs, valises et sacs à commissions à roulettes, fauteuils et vie confortables. Visages et coiffures lisses, foulards bien arrangés, chapeaux policés… Bonnets, capuches sur la tête, vêtements débraillés, rares en ces lieux, fabriquent immédiatement des suspects autour desquels rôdent, telles des mouches un soir d’orage, des vigiles zélés. Indésirables, par ici la sortie, vous ne savez donc pas où vous êtes ?

Beauté, bonté, qualité, tranquillité, paix sont certes facturées. A Monoprix, y a qu’un prix.

Colette Milhé

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