Le festival DMO en détails

Jeudi 11 octobre

Table ronde : Pourquoi l’anthropologue n’est pas un touriste ? 17h-18h30

Touriste, voyageur, anthropologue tels sont les termes par lesquels nous désignons les personnes qui passent en oubliant soigneusement les commerçants et leurs multiples formes, les « humanitaires », les fonctionnaires, les diplomates… En quoi l’anthropologue, outre son projet académique, se distingue-t-il des autres? A la lueur des expériences de chacun, nécessairement très diverses, il s’agira de prendre la mesure des différentes pratiques et de leurs conséquences.

Conférence d’Alban Bensa : Où se déplacer n’est pas nécessairement voyager. A quelles conditions le voyage est-il possible ? L’exemple kanak. 18h30-20h

Dans un univers politique fragmenté en unités sécables et mobiles, les déplacements ne sont pas des « voyages » mais des nécessités sociales. Ainsi les Kanak partaient-ils pour échapper à des conflits, trouver des espaces tranquilles où cultiver, retrouver des parents déjà installés ailleurs, fonder des chefferies . En gardant jusqu’à aujourd’hui mémoire de leurs parcours, ils constituent des itinéraires, projections dans l’espace de leurs liens familiaux, de leurs généalogies.
Ainsi pour parler véritablement de voyage, faut-il rompre avec ce schéma du déplacement structurant;  il faut des références étatiques qui établissent des frontières nettes entre « mon pays » et celui des autres, sortir de l’ordre familial et généalogique.
Aujourd’hui, des Kanak quittent parfois la Nouvelle-Calédonie pour d’autres pays. Qu’y voient-ils ? Je réfléchirai à la relation entre les déplacements kanak d’autrefois et les voyages qu’ils peuvent être amenés à faire aujourd’hui, entre les changements de lieux dans l’ordre segmentaire et les escapades à partir d’univers étatique. La notion de voyage n’est pas universelle.

Vendredi 12 octobre

Séminaire professionnel  9h-12h30

Le séminaire professionnel sur les Voyages devrait s’orienter autour de trois axes :

–          l’objet qui va du pèlerinage au voyage d’affaire ; chacun se donne un but très différent des autres même s’ils sont partagés, qui contribue à déterminer les relations avec les personnes rencontrées ;

–          le compte-rendu suit les normes poétiques de son époque selon les objectifs qu’il se donne. Le voyage en Orient des Romantiques devait accumuler les descriptions et les détails même s’ils étaient recopiés ou imaginés.

–          La conception du voyage peut conduire à le considérer comme un objet en soi ou au contraire comme un moyen d’accéder à certaines personnes ou à un certain but.

Ces trois perspectives vont permettre la confrontation de spécialistes de divers domaines dont les préoccupations et les démarches peuvent varier. Ainsi, examiner l’attitude vis-à-vis des touristes ou l’usage local des voyages ne relève peut-être d’une même étude mais permettra de proposer un état des lieux tant des réalités désignées par l’écriteau « voyages » que des manières dont l’abordent des anthropologues.

Conférence de François Pouillon : Voyages en Orient 14h-16h

L’Orient musulman a été l’une des directions privilégiées du voyage. En tous sens et pour toutes sortes de raisons, recherches d’aventures ou de richesses, de sagesse ou de conquête se sont croisées dans l’espace méditerranéen. On évoquera ces différentes dimensions et quelques-unes des figures représentatives des temps héroïques, avant d’en présenter les formes modernes les plus récurrentes : migration et tourisme. Tout cela pour en venir à la question : est-ce la forme du voyage qui a changé, ou le monde dans lequel nous nous vivons ?

Atelier : du voyage à l’écriture, les différentes formes d’écriture anthropologique avec Eric Chauvier 16h-18h

Loin des prescriptions de la science, l’écriture de l’anthropologie peut aussi être novatrice en intégrant les codes de la fiction sans déroger à ses exigences de terrain. C’est ce que nous verrons durant cet atelier en croisant littérature et anthropologie.

Rencontre avec Anne Doquet : Les mises en scène de l’authenticité africaine (Dogons, Mali) 18h-19h30

Le Mali, pays où prévaut le tourisme culturel, est un pays perçu et vendu comme une terre d’authenticité. Mais la rencontre escomptée est-elle possible ? Pour différentes raisons pas uniquement linguistiques, elle est médiatisée par des acteurs très peu analysés par les anthropologues que sont les guides. Cet exposé tentera d’éclairer les liens entre les guides touristiques et la quête d’authenticité de leurs clients. La question de l’authenticité sera d’abord questionnée dans sa double nature,  « froide » et « chaude » (T. Selwyn) . Les stratégies des guides pour nourrir cette double quête seront en ensuite analysées, en même temps qu’on relativisera le caractère trompeur de leur activité.

Samedi 13 octobre

Atelier : Initiation à l’anthropologie avec Myriam Congoste et Bernard Traimond 9h-12h

Sous forme de débats, cet atelier s’appuie sur un dossier qu’il est utile de lire auparavant. A partir d’un exemple précis, il s’agira de parcourir différents aspects de l’anthropologie, son intérêt, ses démarches et ses limites. L’essentiel de la discipline repose sur les enquêtes c’est-à-dire l’intensité des relations que le chercheur établit avec ses locuteurs.

Le dossier sera adressé aux inscrits.

Rencontre avec Colette Milhé : Enquête en Bolivie 14h-15h30

Récit d’une enquête menée auprès des cireurs de chaussures boliviens qui présentent la particularité d’être masqués par une cagoule. Voyage au cœur de l’enquête (pourquoi cette recherche, modalités de l’enquête…) cette rencontre permettra aussi de s’interroger sur des questions qui traversent l’anthropologie contemporaine comme celles du compte-rendu, des relations qui se nouent, de l’écriture…

Atelier Carnet de voyages avec Jessica Heaton 15h30-17h

Comment dessiner sans crayon ? Comment coller sans colle ? Un atelier ludique pour apprenti artiste débrouillard !

Festival scolaire, jeudi 11 et vendredi 12 octobre

Présentation du projet

 Dans le cadre du festival d’anthropologie DMO, 4 classes (CE1 et CE2 Les Menuts, CP Mongolfier, CE2 Paul Bert)  seront accueillies le jeudi 11 (C2) et le vendredi 12 (C3) au Rocher Palmer, de 9h30 à 15h. Le thème du festival étant « les voyages », chaque classe travaillera sur une aire géographique (Europe de l’est, Afrique de l’ouest, Andes) et cette rencontre, en début d’année, permettra d’amorcer un projet de classe.

Chaque classe rencontrera donc une anthropologue spécialiste de la zone étudiée (Bulgarie : Morgane Loiseau (Master pro), Sénégal : Seynabou Gueye (doctorante), Argentine : Maïté Boullosa (Maître de conférence à l’université d’Amiens), Bolivie : Colette Milhé (docteure), qui présentera à la fois la démarche de l’anthropologie (séjour prolongé, enquête…) et le pays dans lequel elle travaille ou dont elle vient.

En partenariat avec le Rocher Palmer, chaque classe bénéficiera d’une découverte musicale correspondant à l’aire géographique étudiée.

« A la rencontre de l’Autre » se traduira aussi par une rencontre avec l’autre proche : les élèves d’une autre école. Les ateliers proposés l’après-midi favoriseront cet aspect puisqu’ils mélangeront chacun deux ½ classes. Cette première rencontre pourra être prolongée par d’autres programmées au cours de l’année, selon l’organisation décidée par les 2 enseignants.

 Les ateliers

 Cycle 2 : Les ateliers proposés permettront une approche de pratiques culturelles avec la découverte de la danse sénégalaise et d’une tradition bulgare : la fabrication de Martenitsas, porte-bonheur en laine échangés et portés le 1er mars en Bulgarie et en Roumanie.

Cycle 3 : En amont, chaque classe aura appris à jouer à un jeu sud-américain et devra initier l’autre classe à sa pratique. Lors du deuxième atelier, les élèves solliciteront des compétences à la fois artistiques et géométriques pour construire ces jeux: puluc (Guatemala), kukuli (Andes).

 

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