Chroniques d’été – Episode 3

L’homme du passage

Assis sur un tabouret, dans sa petite cabane, il attendait.

C’était un homme d’une trentaine d’années, la stature noble, le visage hâlé, les mains calleuses. Il nous accueillit par un bonjour chaleureux qui nous incita à rentrer dans sa cabane.

Sa cabane ! Quelques planches clouées grossièrement. Mais comment étions nous arrivés là ? La marée montante nous avait apeurés, nous avions hésité à franchir « le passage ». Pourquoi tenter le diable, d’autres que nous y avaient laissé leur voiture et parfois plus. En faisant demi tour, un petit panneau : « vente de sel » avait attiré notre attention. « Mais pourquoi acheter du sel autre part que dans une grande surface? » remarque sarcastique dans la voiture, mais déjà, j’avais pris le chemin de la cabane en bois.

A notre arrivée, le bonjour chaleureux nous avait incités à rentrer dans la cabane à sel. A l’intérieur, du sel rien que du sel sous toutes ses formes : fleur de sel, gros sel, caramels salés que sais-je encore ? Petits sachets, gros sachets, empaquetés, enrubannés comme pour inciter à faire des cadeaux. Mais le sel n’est pas objet de cadeau ! Puis il nous raconta sa vie, son travail dans les marais salant. Il n’avait pas voulu quitter « Le Gois », même si depuis la construction du pont, il passait moins de monde. Deux heures s’étaient écoulées en sa compagnie et cette année là, le sel de l’homme du passage devint un cadeau à la mode.

Michel Feynie

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