« Collectes » Compte rendu de la journée d’étude du 9 mai 2012 (Université Bordeaux Ségalen)

Présentation par B. Traimond

La journée se place dans le prolongement de plusieurs rencontres (Marquèze, festival DMO 2009, séminaire professionnel à Hossegor, festival DMO 2010, intervention de Jakes Aymonino dans le cours libre, 2011…) autour d’un questionnement sur l’utilisation de documents sonores. Il s’appuie sur la diversité des pratiques et le passage à l’écrit, source de pertes considérables d’informations.

Cette journée est une tentative de véritable interdisciplinarité : il ne s’agit pas de juxtaposer des disciplines mais d’articuler des approches différentes pour s’approprier les instruments des autres, d’établir un dialogue. Les intervenants, Jakes Aymonino artiste, Patrick Lavaud, auteur du livre Lo Medòc de boca a aurelha : de la collecte à l’édition, Bernard Traimond, anthropologue et Maïssoun Zeineddine, anthropologue et documentariste, ont des pratiques diverses qui ont en commun l’utilisation de l’enregistreur de paroles.

En anthropologie, si les chercheurs anglo-saxons s’intéressent à ces questions, en France seul Eric Chauvier tient compte du ton, du timbre, de la prosodie…

Discussion, en guise de conclusion

Après l’intervention de Maïssoun, la conversation s’engage sur la manière d’interviewer. H.Cahuzac remarque que dans les années 60, l’interviewer (des médias) était tout-puissant, tyrannique, tendance qui revient.

J.Aymonino préfère laisser le récit se construire en laissant l’enregistreur tourner, d’où l’intérêt de ne pas avoir de questions à poser. Tout dépend de notre capacité à ne pas avoir notre propre construction. Selon la réutilisation de l’enregistrement, on peut avoir des questions précises ou pas.

B.Traimond évoque les questions très habiles que posait Jacques Chancel : elles ne comportaient aucune indication.

Selon P.Lavaud, les formes d’interviews dépendent des objectifs que l’on a. Dans un contexte bilingue, la relation très subtile qui se construit se détruit très facilement si quelqu’un arrive.

Trois des intervenants ont des pratiques de restitution qui fonctionnent essentiellement sur l’oralité. Ils ne sont pas confrontés au « saut périlleux » que constitue le passage de l’oral à l’écrit et défendent en quelque sorte ses qualités en soi. Chez les anthropologues, l’oralité n’est qu’une étape, même s’ils s’interrogent sur les manières de restituer à l’écrit au plus près de ce qui a été dit et de la façon de le dire.

P.Lavaud considère que l’écrit est désincarné. J.Aymonino explique que l’écrit engage une relation de hiérarchie des choses qui n’existe pas dans l’écoute où on se laisse porter. On conduit moins un récit conté, écouté qu’un récit lu. Quand on entend, on a mis tout notre relief sonore.

Cette rencontre a donc permis de réfléchir aux spécificités de l’oralité et l’interdisciplinarité a peut-être ouvert, en l’occurrence, la perspective de transmettre ou transférer des outils d’écoute, pour mieux entendre, et d’un vocabulaire pour mieux dire/écrire ce que l’on entend.

Compte-rendu de Colette Milhé

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