Carnets de voyage. Atelier 4. Autour de Saint-Jean / Belcier avec Eric Chauvier

Samedi 11 février 2012

Suite au premier atelier, trois participantes ont envoyé leurs textes à Eric Chauvier. Il note qu’ils portent tous sur des « poches de résistance », qu’ils sont des « textes d’intervention » aussi, avec une dimension politique. Il souligne ensuite qu’il est important d’impliquer le lecteur dans le texte, de lui faire revivre l’expérience de l’anthropologue.

« C’est un enjeu que ces textes existent. » Eric considère que c’est un acte politique de laisser des traces textuelles de ce quartier et évoque une « muséographie des classes populaires à Belcier ». Sous quelle forme diffuser ces textes ? Seulement par le blog ? Sous une forme « papier » ? La question reste en suspens…

Deux participantes ont accepté de lire leurs écrits, ce qui a amorcé la conversation. La question de l’écriture a largement été abordée, à partir de nombreuses références à la littérature : roman policier avec Hervé Le Corre, auteur né à Bacalan, la dimension polyphonique chez Dostoïevski, évocation de Kafka, Conrad… Il est question d’épistémologie des livres : chaque livre est porteur d’une réalité culturelle. Eric Chauvier se réfère particulièrement à Proust, porteur d’une autre épistémologie : parler du monde vécu. Proche de la phénoménologie, Proust décrit son rapport aux autres et le transmet aux lecteurs.

Si peu de textes ont émergé pour l’instant, les participantes ont toutefois visité le quartier, ce qui a donné lieu à des échanges autour d’une communauté de repères : la rue Saïgon, le jardin de la rue Son Tay, les boîtes de nuit du quai de Paludate, la place Ferdinand Buisson, le mur de la rue Carles Vernet… Alors que la discussion tournait autour de « l’affrontement », symbolique, entre une population populaire et le projet Euratlantique, une intervention a tout de même noté que ce quartier, avec ses bâtiments désaffectés et le sentiment d’enclavement et d’abandon qui s’en dégage, avait tout de même le droit à un avenir, à un projet de rénovation.

« La définition première de l’aide, c’est porter de l’intérêt à… » Il a aussi été largement question des SDF et des prostituées, catégories qui à l’évidence fonctionnent comme des « boîtes noires », tant elles englobent des réalités différentes, comme en ont témoigné des échanges sur des expériences diverses.

Finalement, l’invitation à « visiter » un quartier qui nous est plutôt étranger a permis d’expérimenter une posture nouvelle, de porter un regard différent, d’explorer notre capacité d’étonnement, de questionner notre rapport à l’autre… Tout au long de cet après-midi, il est fascinant de remarquer combien nous avons produit du discours sur Saint-Jean/Belcier. Au fond, mieux qu’un compte-rendu, les textes des participants qui souhaitent les diffuser, qu’ils soient écrits ou en devenir, permettront d’exposer les différents points de vue, les poétiques choisies pour restituer une expérience, et de laisser quelques « traces » de ce qu’est ce quartier aujourd’hui…

A lire, les textes écrits suite à cet atelier :

baladeur, déambulation à Saint-Jean/Belcier, anomaliessexe,  mutations: résistances en traces , fragile rempart

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Un commentaire pour Carnets de voyage. Atelier 4. Autour de Saint-Jean / Belcier avec Eric Chauvier

  1. Aredius dit :

    Bonjour,
    J’utilise ce « commentaire » pour poser une question à Eric Chauvier , natif comme moi de St-Yrieix la perche et quoi, comme moi, l’a quitté pour un port négrier, Nantes,
    J’ai lu son auto-présentation :
    « Eric Chauvier est né à Saint-Yrieix la Perche, en Limousin, en novembre 1971, sous le septennat de Georges Pompidou. A l’époque, il n’est pas encore contre Télérama. Ses parents sont des enseignants raisonnablement ouverts à la culture. Son enfance se passe (il ne réagit pas), l’adolescence aussi, dans une région, le Limousin, qu’il mettra un point d’honneur à redouter et à déconstruire. Quittant cette contrée qui constitue à ses yeux une énigme, il se rend, en 1989, dans la ville de Bordeaux, connue pour son vin et son port négrier. »
    A-t-il trouvé réponse à l’énigme ? Peut-il développer sont discours ?
    Je pense que St-Yrieix, autour et alentours est un terrain de choix pour l’anthropologue.
    Je le cite sur http://lefenetrou.blogspot.com
    Aredius44

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